NYC CoolRoofs : New York s’inspire du savoir-faire andalou contre la chaleur
Marta Sader et Samuel Vega expliquent à La Vanguardia pourquoi les techniques bioclimatiques traditionnelles de la Méditerranée restent des stratégies d’adaptation essentielles.
Îlots de chaleur urbains, vagues de chaleur extrême : pour le bien de tous les êtres vivants, ces deux réalités devraient être de moins en moins souvent réunies. La planète se réchauffe et nous n’en faisons plus seulement l’expérience en théorie. Chaque été, des millions de personnes — et des écosystèmes entiers — subissent des températures très supérieures à leur seuil de stress thermique.
L’urbanisme et les matériaux de nos villes n’ont pas été conçus pour nous protéger d’une chaleur devenue toujours plus problématique. Le ciment, l’asphalte et le béton absorbent le rayonnement solaire et restituent lentement la chaleur. Ils contribuent ainsi à la formation des îlots de chaleur urbains, de vastes zones d’accumulation thermique qui aggravent des températures déjà trop élevées. Et où cette question pourrait-elle être plus urgente que dans la ville par excellence : New York ?
Depuis plus de vingt ans, la ville de New York propose à ses habitants un programme appelé NYC CoolRoofs. Il répond à deux besoins : abaisser la température des bâtiments afin d’améliorer le confort et de réduire la consommation d’énergie, et former et employer des New-Yorkais en recherche d’emploi. Pour cela, il reprend une pratique que nous connaissons très bien en Andalousie : peindre les toits en blanc.
Architecture vernaculaire : nous avions la réponse avant de formuler la question
Nos collègues Samuel Vega et Marta Sader ont récemment échangé avec Paula Martínez, journaliste à La Vanguardia, pour un article consacré aux artisans andalous et à la technique consistant à peindre les toits en blanc pour lutter contre la chaleur. Samuel y rappelle que « nombre des stratégies les plus simples pour faire face à l’urgence climatique sont inscrites depuis des siècles dans la tradition constructive méditerranéenne ».
Avant les immeubles collectifs, les climatiseurs et les routes asphaltées, nos ancêtres devaient eux aussi se protéger de la chaleur. De la même manière que les organismes vivants s’adaptent à leur environnement, les stratégies humaines d’adaptation se sont perfectionnées au fil des siècles passés à habiter le bassin méditerranéen.
Chez todobarro, nous explorons depuis des années les possibilités de notre architecture vernaculaire afin d’en tirer des réponses concrètes à la crise climatique. Nous étudions notamment les propriétés bioclimatiques de la terre cuite, un matériau qui nous protège du froid comme de la chaleur depuis des millénaires.
Ces recherches ont donné naissance à des projets comme Lab Patio 2.12. Nous y avons démontré que des mesures passives inspirées de l’architecture bioclimatique méditerranéenne peuvent réduire jusqu’à dix degrés la température intérieure d’une maison sans consommer un seul watt d’électricité. L’article de La Vanguardia cite ce projet comme un exemple remarquable d’architecture bioclimatique.
NYC CoolRoofs : lutter contre la chaleur tout en renforçant la cohésion sociale
Le programme CoolRoofs vise à faire baisser la température de la ville jusqu’à trois degrés, à réduire la consommation énergétique des bâtiments et à créer un réseau de savoirs partagés et de cohésion sociale entre les habitants de New York.
Après près de vingt ans de fonctionnement, les résultats montrent que le programme est efficace. Les toits sombres revêtus d’asphalte ou de bitume, courants à Manhattan, se transforment pendant les vagues de chaleur en surfaces qui accumulent puis diffusent la chaleur jusque dans les bâtiments. Ces matériaux sont économiques et protègent bien de la pluie, mais ils peuvent atteindre 80 °C en plein soleil et ne disposent pas d’assez d’heures nocturnes pour refroidir complètement.
Les équipes appliquent sur les toits deux couches de peinture silicone blanche qui réfléchissent le rayonnement solaire. Ce procédé peut réduire jusqu’à 30 % la température à l’intérieur des bâtiments. Pour être admissible au programme, un toit doit répondre à plusieurs conditions :
- être plat ;
- être en bon état ;
- être facilement accessible, sans échelle ni passage par une fenêtre ou une trappe ;
- ne pas comporter d’équipement dangereux ;
- être recouvert de l’un des matériaux suivants :
- bitume ;
- bitume modifié ;
- asphalte ;
- membrane de couverture granulée.
De nombreux bâtiments peuvent bénéficier de l’intervention sans aucun coût, notamment des logements à loyer modéré, des associations culturelles et des centres communautaires publics. Le programme rémunéré apporte une expérience professionnelle dans le bâtiment ; des campagnes de volontariat sont également proposées aux New-Yorkais qui souhaitent y participer bénévolement.
NYC CoolRoofs montre comment l’adaptation au changement climatique peut aussi créer de l’emploi et renforcer la cohésion sociale. Si ce modèle était reproduit ailleurs, certains principes du badigeon à la chaux traditionnel andalou pourraient encore améliorer les performances de cette pratique.
© Image de couverture : Nations Unies
Dernières nouvelles

Le badigeon à la chaux andalou face à la crise climatique
Le badigeon à la chaux traditionnel andalou réfléchit le soleil, régule l’humidité et retrouve toute son importance face à la chaleur.

Le projet Casa Patio 2.12 sélectionné aux Prix d’architecture de Málaga 2026
Plus de 120 projets ont été présentés à la XVIIIe édition des Prix d’architecture de Málaga, l’un des concours les plus prestigieux du secteur…

Lab Patio 2.12 : rafraîchir une maison sans climatisation ni consommation d’énergie
Le projet « Lab Patio 2.12 » fait partie des programmes de recherche et développement menés par todobarro sur les possibilités de l’argile comme…

todobarro x Ocean Ecostructures : régénérer les infrastructures marines grâce à l’argile
todobarro et Ocean Ecostructures unissent BIOECOREST et SeaReg afin de développer des solutions en argile pour restaurer la biodiversité marine.